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La préménopause est un des grands moments dans la vie d’une femme (période qui peut durer de deux à dix ans, commence généralement vers l’âge de 41 ans, voir vers l’âge de 39 ans dans certaines conditions). On en parle peu, ou alors de façon discrète, secrète, médicalisée, alors qu’il s’agit avant tout d’une expérience intime, singulière, et même initiatique pour certaines femmes. Dans ce guide, je t’invite à découvrir ce qu’est la préménopause, ce qu’elle change pour les femmes, comment l’accueillir, et surtout comment en faire un moment de transformation positive, en lien avec ton corps, ton énergie, et ton élan vital.

La préménopause correspond à la phase de transition hormonale qui précède la ménopause. Elle peut débuter tôt, dès 39 ans, et s’étendre sur plusieurs années. Durant cette période, les ovaires commencent à ralentir leur production d’œstrogènes et de progestérone, deux hormones clés du cycle menstruel. 

Ce ralentissement ne se fait pas de manière linéaire. Il intervient par vagues, par cycles irréguliers, ce qui explique les fluctuations parfois déconcertantes des symptômes que les femmes peuvent rencontrer. Cette instabilité hormonale peut impacter non seulement le corps, mais aussi les émotions, la qualité du sommeil, la libido, et même la façon dont on se relie à soi et au monde.

On distingue plusieurs phases dans la préménopause. La première, dite précoce, apparaît avant 39 ans. Les signes sont souvent subtils : une fatigue plus présente, des cycles un peu moins réguliers. Vient ensuite la préménopause active, entre 40 et 45 ans, où les fluctuations hormonales se font plus nettes et les symptômes plus visibles. Enfin, la périménopause, entre 45 et 50 ans, annonce l’approche de la ménopause proprement dite, avec des cycles très irréguliers, voire absents.

Les signes de la préménopause sont nombreux et varient beaucoup d’une femme à l’autre. Certaines les vivent intensément, d’autres de façon plus discrète. Parmi les manifestations les plus fréquentes, on retrouve les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil comme les insomnies ou les réveils nocturnes, ainsi que des sautes d’humeur et une irritabilité difficile à contrôler. Beaucoup ressentent une fatigue chronique malgré un repos suffisant, une baisse de la libido, des règles irrégulières ou abondantes, ou encore une prise de poids, notamment autour du ventre.

Mais il y a aussi des symptômes moins connus : une anxiété diffuse, une légère déprime, une hypersensibilité émotionnelle, des problèmes de concentration, des trous de mémoire, une sécheresse vaginale ou cutanée, et même des douleurs articulaires ou musculaires. Chaque symptôme est le reflet d’un bouleversement interne. Les accueillir, c’est déjà commencer à les apprivoiser.

La société a longtemps présenté la préménopause comme un déclin, une perte, une fin. Pourtant, il s’agit plutôt d’une mue, d’un changement d’état, d’une métamorphose. Le corps change de rythme, de fonction, de priorités. Et ce changement, loin d’être une régression, peut devenir une occasion de mieux se connaître, de redonner du sens à ses choix et d’aller vers une forme de maturité libre et assumée.

C’est souvent une période où l’on ressent le besoin de se recentrer, de faire du tri dans sa vie, de revoir ses engagements, de redéfinir ses limites. On a envie de se retrouver, de mieux comprendre ce que notre corps nous dit, de ralentir, ou parfois d’accélérer sur les projets vraiment importants. Ce recentrage peut aussi se manifester par une attirance pour les pratiques spirituelles, pour la méditation, les cercles de femmes, les retraites introspectives. Il n’est pas rare que certaines redécouvrent des parties d’elles-mêmes qu’elles avaient mises de côté depuis longtemps.

Ce que nous mangeons joue un rôle essentiel sur notre confort hormonal. En préménopause, certains aliments peuvent devenir de précieux alliés. Les légumes crucifères comme le brocoli, le chou ou le kale aident à métaboliser les œstrogènes en excès. Les graines de lin moulues, riches en phyto-œstrogènes, contribuent à apaiser les bouffées de chaleur. Les légumineuses telles que les lentilles ou les pois chiches stabilisent la glycémie et limitent les fringales liées aux fluctuations hormonales.

Les poissons gras comme les sardines ou le maquereau apportent des oméga-3, essentiels pour lutter contre l’inflammation et les troubles de l’humeur. Les bonnes graisses présentes dans l’avocat, les œufs ou les noix nourrissent le système nerveux et soutiennent la production hormonale. A contrario, il peut être judicieux de réduire sa consommation de café, d’alcool et de sucre raffiné, qui peuvent exacerber les troubles.

La préménopause bouleverse souvent la sexualité. Non pas par une absence de désir en soi, mais parce que le corps change, les sensations évoluent, et la libido devient plus cyclique. Certaines femmes connaissent une baisse de libido, une sécheresse vaginale ou une forme de déconnexion passagère de leur élan sexuel. D’autres, au contraire, vivent un regain d’envie, comme une liberté nouvelle, débarrassée de la peur de la grossesse ou du regard sociétal.

Ce qui compte, c’est de rester à l’écoute. La sexualité peut devenir plus sensuelle, plus douce, plus enracinée dans le plaisir que dans la performance. Il peut être utile d’en parler avec son ou sa partenaire, d’explorer de nouvelles formes de contact, de se tourner vers des approches comme le massage tantrique, la respiration consciente, ou même l’écriture intime pour raviver le lien à soi.

Dans de nombreuses traditions, la préménopause est vue comme un passage sacré, une entrée dans une nouvelle phase de la vie. Les femmes deviennent les “femmes sages”, les gardiennes du savoir, celles qui portent une vision plus vaste. Pour accompagner ce passage, des rituels peuvent être créés : allumer une bougie chaque soir pour honorer son chemin, tenir un journal pour exprimer ce que l’on traverse, se relier à des groupes de femmes pour partager ses expériences et se sentir soutenue.

Les cercles de femmes sont de plus en plus nombreux et offrent un espace de parole libre, bienveillant, sans jugement. C’est l’occasion d’écouter, de parler, de se sentir reliée à d’autres, de rompre avec la solitude parfois liée à cette période de vie. Ces rencontres sont souvent profondément transformatrices.

L’Ayurvéda, médecine traditionnelle indienne, offre une approche riche et globale de l’équilibre hormonal féminin. En préménopause, elle propose des plantes adaptogènes, nourrissantes et rééquilibrantes qui accompagnent le corps en douceur, sans forcer ni masquer les symptômes. Ces plantes travaillent sur les racines du déséquilibre, en soutenant à la fois le système hormonal, nerveux et digestif.

La shatavari est sans doute la plus connue. Son nom signifie « celle qui possède cent maris », tant elle est réputée pour nourrir la fertilité, la vitalité et l’équilibre féminin à toutes les étapes de la vie. En préménopause, elle apaise les bouffées de chaleur, soutient la lubrification naturelle et régule les fluctuations émotionnelles. Elle est souvent prescrite sous forme de poudre, de ghee ou de gélules, en cure de plusieurs semaines.

L’ashwagandha est une autre alliée de choix. Elle renforce les glandes surrénales, apaise le stress chronique, améliore la qualité du sommeil et redonne de l’énergie. C’est une plante adaptogène, ce qui signifie qu’elle aide le corps à mieux s’adapter aux besoins du corps ( par exemple situations de tension ou de fatigue). En période de préménopause, où les réserves d’énergie sont souvent mises à rude épreuve, elle offre un soutien profond.

La boswellia, ou encens indien, est précieuse pour réduire les inflammations, notamment articulaires, qui peuvent apparaître avec la baisse des œstrogènes. Le tulsi (ou basilic sacré) agit quant à lui comme un tonique du système nerveux et un régulateur du cortisol, utile pour celles qui se sentent constamment sous pression ou dans un état de vigilance accrue.

Côté compléments, la tradition ayurvédique recommande aussi le triphala, une synergie de trois fruits qui soutient la digestion, l’élimination des toxines et la régénération cellulaire. Un système digestif en bonne santé est fondamental pour un bon équilibre hormonal, car c’est lui qui permet de bien assimiler les nutriments et d’éliminer les excès hormonaux.

Comme toujours, ces plantes doivent être choisies en fonction du terrain individuel et idéalement avec l’accompagnement d’un praticien en Ayurvéda. Elles ne remplacent pas une hygiène de vie équilibrée, mais peuvent profondément en amplifier les effets.

La préménopause invite à une forme d’introspection. Tenir un journal peut être un outil puissant pour observer ses cycles, ses émotions, ses variations d’énergie. En notant chaque jour son état physique et émotionnel, on découvre des récurrences, des motifs, on comprend mieux comment s’adapter. Ce journal devient un compagnon de route, un miroir bienveillant.

On peut aussi utiliser des applications de suivi du cycle, même si celui-ci devient irrégulier, ou dessiner des mandalas, utiliser la méditation, les cartes intuitives, toutes ces pratiques qui favorisent une connexion plus subtile à soi.

Exercices de journaling proposé

Pour se préparer à cette nouvelle phase, un exercice de journalisation peut être bénéfique. 

Prenez un stylo et du papier, réglez une minuterie sur quatre minutes et répondez rapidement aux questions suivantes sans poser votre stylo : 

1. Quels sont mes désirs et aspirations profonds ?

2. Quelles activités m’apportent de la joie et du sens ? 

3. Comment puis-je réorganiser ma vie pour me consacrer davantage à ces activités ?

4. Quels changements dois-je apporter pour nourrir mon esprit et mon corps ?

La connexion à la nature et la méditation, selon les textes classiques de l’Ayurveda, sont essentielles pour développer l’intuition en rétablissant l’harmonie intérieure et en alignant l’individu avec les rythmes naturels. 

La nature, décrite comme une source de Prana (énergie vitale), purifie et revitalise l’esprit et le corps. Passer du temps en plein air, marcher pieds nus sur l’herbe, respirer l’air frais et observer les cycles naturels favorisent une connexion profonde avec l’environnement, ce qui apaisent les doshas et stabilisent le mental. 

Selon l’Ayurveda, cette harmonie avec la nature amplifie la réception des perceptions subtiles, essentielles pour l’intuition. Bien que la méditation ne soit pas explicitement détaillée dans les textes ayurvédiques classiques, les pratiques méditatives sont implicitement encouragées pour promouvoir un esprit clair et équilibré. 

En méditant régulièrement, on purifie l’esprit des distractions et des perturbations, ce qui permet à l’intuition de se manifester plus clairement. 

Des textes comme les Upanishads et les Yoga Sutras de Patanjali soulignent que la méditation libère des conditionnements mentaux et ouvre la voie à la conscience intuitive. 

Mon article : Préménopause et Ayurvéda te permettra de découvrir les fondements de l’Ayurvéda appliqués à cette étape de vie, des conseils alimentaires personnalisés et des protocoles de soins adaptés à ton profil. 

C’est une ressource importante pour mieux comprendre ton corps et poser les bases d’un accompagnement doux.

Tu peux aussi découvrir l’atelier “Les clés pour vivre une préménopause et ménopause sereines” sur Les Aventures Vertes.

Combien de temps dure la préménopause ? La préménopause peut durer entre 2 et 10 ans. Sa durée varie fortement d’une femme à l’autre.

Est-ce que je peux tomber enceinte pendant la préménopause ? Oui. Même si la fertilité diminue, l’ovulation peut encore avoir lieu. Une contraception reste nécessaire si une grossesse n’est pas souhaitée.

Les symptômes de la préménopause sont-ils les mêmes pour toutes les femmes ? Non. Certaines femmes vivent cette période très sereinement, d’autres avec des symptômes plus marqués. Chaque expérience est unique.

La préménopause peut-elle provoquer de la déprime ? Oui. Les variations hormonales ont un impact sur le système nerveux. Il est important de ne pas rester seule et de chercher du soutien si besoin.

Que faire si mes symptômes de préménopause deviennent trop lourds ? Consulter un professionnel de santé est toujours utile. Il existe des solutions naturelles ou médicales, adaptées à chaque situation.

La préménopause marque-t-elle la fin de la féminité ? Absolument pas. C’est une redéfinition de la féminité, souvent plus libre, plus profonde, plus ancrée.

Comment savoir si je suis en préménopause ? En observant tes cycles, tes symptômes et en faisant un bilan hormonal avec un médecin si besoin.

Les plantes sont-elles suffisantes pour soulager les symptômes ? Elles peuvent être d’une grande aide, mais parfois un accompagnement médical est aussi nécessaire. L’important est de trouver ce qui fonctionne pour toi.

Sophie Benabi est praticienne en Ayurvéda. Elle s'est formée dans les cliniques en Inde ( du nord et du sud) et en France et s'est spécialisé dans les techniques d'observations ayurvédiques du corps (dharshana) mais aussi dans la nutrition, les soins du panchakarma et le pranayama.

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